Kevin est content : les Services Sociaux ont attribué à
sa famille un billet valable pour une journée sur Honorat. Avec sa sœur, ses
parents et son vieux Pépé, ils sont arrivés bien en avance pour le bateau de 8
heures. Ils ont pris place sur leurs sièges réservés, du 43 au 47, replacé leur masque médical et bouclé
leur ceinture de sécurité. Bien organisé, pas comme avant quand on s’asseyait
n’importe où !
Déjà 38 degrés, un soleil de plomb mais pas de vagues et
aucune annonce de tornades. Une traversée
sans encombre. A Honorat, ils ont pris le chemin bordé de cordes. Bien pour la
sécurité !
Les Cassandres du GIEC n’avaient pas eu tort. La chaleur est
déjà intense. Les arbres dégarnis de leurs aiguilles n’offrent plus qu’un
piètre ombrage. Quelques rares hommes portent le short mais leurs compagnes
préfèrent la longue robe noire qui les protège des mélanomes. On n’est plus à
l’époque où les dames s’exposaient quasi nues !
Voilà enfin un espace aménagé, disponible : « Pique-nique
et baignade autorisés ». Peu de baigneurs candidats à la gastro dans une
mer jonchée de déchets, mais on s’installe sur les bancs pour un repas
familial. C’est plus pratique que de manger par terre une pissaladière
dégoulinant d’huile avec des pierres pointues sous les fesses.
Après une heureuse somnolence, on reprend le chemin qui
conduit à l’ancien monastère. Il a été débarrassé de ces vieilles statues, de
ses croix et réaménagé en un moderne Espace Multi Cultuel. Ainsi, chacun peut y
célébrer son culte. L’ile a d’ailleurs été rebaptisée renommée Honorat.
Mais le temps passe trop vite et il faut rejoindre le bateau
prévu à 16 heures. Quelle belle journée ! Mais Pépé marmonne « De mon
temps ... »


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