Il oublie sa santé. Il souffre de son dos.
Il perd son moral. Il se met
en colère. Il désespère.
Il oublie les joies de l’existence. Il vit en
solitaire.
Il vit un calvaire. Il risque le glissement, l’aquoibonisme.
Dans sa
maladie à deux. Ils sont deux. Tous les deux, seuls.
Il faut serrer
les dents comme on le faisait jadis pour affronter l’amputation sans anesthésie.
Mais les
bonnes âmes veillent : Anne, Laurent, Cécile, Pauline,
Elise, Delphine,
Virginie, Kevin, Tina,
Gita, Audrey, Justine, Aurélie, Lætitia, Lauren ...
Que
de patience, que de douceur. Comment les remercier ? Comment leur dire qu'on aime leur Amour ?
Et puis, il y
a l’Hôpital, la Sécu, le Département, le Fisc, la SNCF et les Assoc.
Les innombrables
associations, charitables, compassionnelles, généreuses.
Tout un
système qui fait ce qu’il peut.
Puisqu’il ne
peut rien faire.
Et si on
parlait un peu du bonheur de l’Aidant ?
De ses petits
bonheurs du jour : elle a mangé, elle a fait, elle s’est tenue debout,
elle a marché, un peu, elle a bien dormi.
De ce
semblant de sourire, sur son visage las, montrant qu’elle nous comprend sans savoir nous
le dire.
Et de son
espoir : vivre encore un peu avec celle qu’on aime ?
Pourvou que
ça doure ! » disait Letizia






