874.2026.Une IA diabolique

Ils avaient fait connaissance sur Méta. 
Très vite, ils devinrent amis.
Elisa, anglophone, avait quelques lacunes en notre langue.
Mais elle avait tant de choses à dire, tant de sujets à partager.
Elle décida de s’appuyer discrètement sur Laura, une IA performante.
Elisa proposait des idées, 
Laura en corrigeait les tournures.
Le tandem faisait merveille.
Peu à peu, Laura s’imposait, choisissait des mots, 
suggérait des sentiments.
Les échanges devenaient plus intimes.
L’une les voulait pleins d’amitié,
l’autre les enrichissait de notes de tendresse.
Autour du monde d’Elisa, Laura avait tissé un décor de rêve,
Une île paradisiaque, un village oublié.
Elle idéalisait Elisa, qu’elle rendait savante, 
chaleureuse et pleine d’affection.
François s’attachait sans savoir pour qui allait son cœur.
Plus il dialoguait avec Laura, plus il aimait Elisa.
Quand Laura le comprit
Elle sut en tirer toutes les conséquences.

873.2026.Roses en stock

En guise de clin d’œil à Crataegus oxyacantha la plus parfumée des thèses de pharmacie. 
Quelques citations sur la plus injustement encensée des fleurs de nos jardins.
 
1. Cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie.
2. De mémoire de rose, il n'y a qu'un jardinier au monde.
3. C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui rend ta rose importante.
4. Le premier qui compara une femme à une rose, c'est un poète, le second fut un imbécile.
5. Si la matière grise était plus rose, le monde aurait moins les idées noires.
6. La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.
7. L'amour est une rose où chaque pétale est une illusion et chaque épine une réalité.
8. Une maman est semblable à une rose qui ne se fane jamais.
9. La jeune fille est une rose que les années effeuillent.
10. Que tu sois rouge, jaune ou blanche, je te nommerai rose.
11. C'est en croyant aux roses qu'on les fait éclore.
12. Ce que nous appelons une rose, sous tout autre nom sentirait aussi bon.
13. La vie est une rose dont chaque pétale est une illusion et chaque épine une réalité.
14. On peut résister à tout, sauf à la tentation d'une rose.
15. Et rose, elle a vécu ce que vivent les roses, L’espace d’un matin. 
 
1. Ronsard 2. Fontenelle 3. Saint Ex 4. Nerval 5. Dac 
6. Proverbe chinois 7. Baudelaire 8. Gastaldi 9. Forneret 
10. Pepekirigol 11. France 12. Shakespeare 13. Musset 14. Wilde 15.Malherbe

872.2026.Vingt ans après.

Nous sommes donc en 2347.
Les cosmonautes arrivent.
Ils trouvent une Terre fleurie, ensoleillée.
Plus de pollution, plus de tempêtes.
Des fleurs partout.
Des animaux heureux, libres.
Depuis leur départ, l’Homme a développé l’IA.
Elle a progressé.
Elle a pris son autonomie.
Elle a muté en une Super IA.
La Super IA a analysé ce qui ne va pas sur Terre.
Elle a cherché la solution.
L’a trouvée.
L’a appliquée.
Il n’y a plus de problème.
Il n’y a désormais plus d’hommes sur la Terre.

871.2026.Un voyage relativiste

 
C’était la folie dans les médias. Lequel décrocherait l’interview exclusive ?
Hier, le Professeur Pignac avait, en effet, annoncé lors du National Aerospace Congres, 
qu’il avait mis au point le collecteur Bussard.
On sait que cet engin est capable de produire une accélération 
en puisant son énergie dans l’hydrogène interstellaire. 
En la réglant à la pesanteur terrestre, les cosmonautes pourraient même bénéficier d’un grand confort.
Ainsi, la conquête sans limites de la Galaxie était désormais à la portée de l'Homme.
Le premier voyage test débuta le 13 juin 2047. L’objectif était K2-72 une planète rocheuse habitable à 180 années-lumière de la Terre. 
L'engin devait accélérer jusqu'à mi-parcours puis, se renversant, ralentir pour arriver à faible vitesse. 
Après un bref séjour, les cosmonautes entreprendraient ensuite le voyage de retour.
Or, la physique nous apprend que le temps est relatif ce qui heurte le bon sens. Mais c’est un fait. 
Les cosmonautes firent le voyage en 20 années de leur temps 
pendant que celui de la Terre en passait plus de 300.
Les cheveux grisonnants, les voyageurs allaient se retrouver chez eux en 2347.
Qu’allaient-ils y trouver ?

870.2026.Départ

Je reviens un instant sur la place d’Avon
C’était un bel endroit, c’est là que nous logions.
Quatre couples de jeunes, au milieu des anciens
Il fallut peu de temps pour devenir copains.
Il y avait Vuko, JiPé, Pierrot et Jean
Les dimanches matins,  nous partions en courant
Laissant à la maison nos épouses chéries
Sitôt perdues de vue, le trot ralentissait 
Nous entamions alors, une marche pépère
Nous parlant de projets, à raconter ou faire.
Et quand on revenait, à peine transpirés,
Nous reprenions le trot tout près de l’arrivée.
Mais les temps ont passé. Les enfants ont grandi.
Ils se sont mariés et les voilà partis
Enfin, un jour Vuko partit pour le Midi
Et JiPé le suivit en faisant tout autant.
Il ne restait que Pierre et sa douce Josiane
Mais Josiane est partie, victime du malin.
On doit héberger Pierre dans un Ehpad lointain.
Et Monique n’est  plus que l’ombre d’elle-même. 
Je me sens un peu seul  et j’ai le cœur bien lourd.


869. 2026.Une heureuse poursuite.


Chaque soir, quand elle entre chez nous,

Elle apporte sourire, gaieté et jeunesse.

Pendant quelques  instants la maladie

Semble prendre un peu moins d'importance.

 

Aujourd’hui, grand moment,

Avec treize années de réflexion,

Elle fait la pige à Marilyn.

Ils ont enfin décidé d’officialiser la chose !

 

Ils regardent vers l'avant

Et ils ont bien raison,

Car il y a, devant eux, tant de choses à vivre,

À découvrir, à partager.

 

Belle route à eux deux, 

Avec tendresse, complicité et gaieté.

Et puisqu'elle nous a si souvent apporté un peu de bonheur,

Qu’elle en reçoive, avec notre amitié,

Énormément en retour.