Bien entendu, chemise et pantalon étaient utiles mais il n’oubliait
jamais les essentiels.
D’abord, il y avait la casquette.
Vous savez, sans elle, on
risque un coup de froid sur la tête. Alors, il faut se la mettre quand il fait frisquet.
Et quand il y a la pluie, qu’est-ce qui vous en protège ?
Et sous le sacré cagnard du midi, hein, comment rester à l’ombre ?
Donc, le matin, on sort du lit, on met la casquette avant
même d’avoir quitté la chemise de nuit.
Le pyjama, vous dites ? Laisser moi rire, c’est bon
pour les bébés !
Ensuite, il faut le tablier.
En bonne toile, un peu rugueuse.
Il a fait son travail de la semaine même s’il reste quelques
coins encore propres.
Il protège les autres vêtements, de la salissure, des
éraflures.
C’est l’endroit idéal pour nettoyer les mains du travailleur.
Et n’est-il
pas un signe d’appartenance, de noblesse ?
Celui du boucher est blanc taché
de roux comme les bœufs, celui du boulanger est gris empoussiéré de farine, celui
du marchand de vins tout bleu avec des taches sombres. Chacun signe une profession.
Le troisième essentiel c’est la ceinture. Oui, la ceinture
de flanelle, pas la taillolle. Trente centimètres de large, trois mètres de
long, de quoi faire 3 tours de taille. Confortable. Au chaud, protégé contre
les efforts lombaires. Avec elle, adieu rhumatismes, lumbagos ou maladies des
reins. A porter dessous ou dessus la chemise, selon son élégance.
C’est ainsi que Jacques, muni des essentiels, ne sortait
jamais nu dans les rues du Suquet.






