Toujours prompte à ouvrir une mignonnette de champagne,
elle nous accueillait souriante dans son appartement
surencombré de meubles.
Faut dire qu’ayant vendu leur hôtel, les époux Lotti
n’en manquaient pas.
Elle
nous raconta l’histoire de son mari, Armand
qui avait acheté un avion prototype
Bernard à moteur Hispano Suiza 600 cv car il voulait traverser l’Atlantique.
Pour ce
faire, il avait embauché deux pilotes pour l’assister.
De couleur jaune,
l’engin fut baptisé l’Oiseau Canari.
Mais, à cette époque, l’État français
avait interdit de telles tentatives jugées dangereuses.
C'est donc clandestinement
que l'Oiseau Canari fut transféré aux États-Unis.
C’est de là qu’il put
s’envoler pour le voyage retour en juin 1929.
Peu
de temps après le décollage, voilà qu’un passager clandestin apparaît par la
trappe de visite du fond de la cellule. Le premier passager clandestin dans un avion. C’est un jeune Américain qui veut
écrire un livre.
L’autonomie
attendue est à peine suffisante. Ce passager clandestin va générer un surcroît
de consommation.
Faut-il le jeter à la mer ? En plus, les conditions météorologiques se
dégradent.
Finalement, les aventuriers décident de raccourcir le trajet et de se
poser dans le nord de l'Espagne.
Le lendemain, ils
poursuivront leur périple vers Cazaux puis vers le Bourget.
En
1932, l'avion fut racheté par le gouvernement pour qu'il soit conservé au Musée du Bourget.
Nous avons eu la chance de le visiter avec la fille des Lotti et de nous rendre
compte
de son étonnante exiguïté et de l’extrême fragilité de ses cloisons en
contreplaqué.
Fallait être gonflé. Et svelte en même temps. Pas facile.
Bravo
Armand !






