Encore
jeunes et sportifs, nous passions devant lui
Méprisant ce
repos qu’il voulait nous offrir.
Nous
n’avions pas le temps, l’apéro attendait
Et la faim
nous poussait à rentrer se nourrir
Quelques années
plus tard, la vie avait changé*
On venait le
trouver avec notre famille
Des grands
parents aimés et leurs petites filles.
On aimait
tellement venir un peu s’asseoir
Les vélos appuyés
contre ses accoudoirs.
Mais le
temps a passé. Elles nous ont quittés
Cherchant
bien loin, un mari, un métier.
Lui
attendait toujours, au détour du sentier.
Alors nous
revenions, contents de le revoir
Et, le
souffle repris, on restait jusqu’au soir.
On parlait
des enfants et de bien des sujets,
Du mystère
du Ciel et celui des étoiles,
De Kant ou de
Molière, de Bach ou de Chopin.
La vie après
la Mort, les mythes et les contes.
L’après-midi
passait et le temps s’écoulait.
Aujourd’hui
il attend, tout seul sous les ormeaux,
Que passent
des coureurs ou des vieux fatigués.






