815.2026.Benford et les fleuves du monde

 
La loi de Benford s’intéresse aux ensembles de nombres classés selon leur premier chiffre non nul.  Par exemple, les nombres 378  ou 3,80 ou encore 0,35 seront classés 3.
Si je demande à mon ordi une centaine de nombres aléatoires, il y en a à peu près autant dans chaque classe de 1 à 9. Normal, ça fait environ 11% pour chacune. 
J’ouvre le catalogue Carrefour Epicerie et classe les prix. Je m’attends à trouver une même répartition aléatoire. Erreur. Il y a quasiment tout dans les classes 1 à 3 et presque rien pour celles de 4 à 9. Bizarre !
Même constat pour les produits informatiques d’Amazon. Presque tout dans les petites classes.
Bon, peut-être ai-je eu tort de rester dans le commerce ? Je poursuis avec les principaux fleuves du Monde, la suite des puissances de 2 ou les populations des pays.  Même constat.
Chat GPT m’explique que ces listes obéissent à une propriété d’invariance d’échelle. Si je reprends le catalogue Carrefour et transforme tous les prix en francs, je trouve à nouveau qu’il y a énormément plus de nombres commençant par 1 ou 2 que ceux qui commencent par 5 à 9. Bizarroïde. Bon, mais pourquoi les prix, les fleuves et les populations mondiales obéissent-ils à cette propriété mathématique ? Mais, mon cher Chat, ne serait-ce pas expliquer que l’opium fait dormir car il a la vertu dormitive ?
Nous poursuivons nos échanges sur l’origine des échelles : les additives, adoptées depuis la plus haute antiquité et bien utiles pour comparer la taille des champs et les logarithmiques  inventées bien plus tard et mieux adaptées aux grands nombres, à l’astronomie ou au monde moderne. Nous passons ensuite à l’humain dont les réactions seraient sensibles au logarithme du stimulus, au social avec une fiscalité additive et mal adaptée au sentiment d’inégalité qui, lui, serait multiplicatif.
D’accord, mais moi, je trouve cette loi de Benford bien bizarre.Et vous?

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