Un mot sur mon copain. En ces temps anciens, on ne s’appelait
que par le nom de famille.
Le sien, Hugues, évoquant les indiens de nos
westerns, nous convenait.
Jean-Louis était d’une famille très modeste, sa Maman
couseuse à domicile et son père pêcheur. Nous avions très vite lié amitié et
allions régulièrement manger chez l’un ou l’autre. L’aïoli de Monsieur Hugues avec
le poulpe qu’il avait attrapé et bien battu était parmi les plus robustes. De
retour en classe, l’après-midi, nous cherchions à abattre les mouches de notre
souffle empuanti d’ail. L’amitié se
renforçait au fil des dimanches de ski à Auron ou des escapades en famille au
Logis du Loup. Souvenir d’un camping à Andon avec des sauterelles au menu. Très
vite, trop vite, le Bac arriva avec ses révisions que nous partagions accompagnées
du copieux gouter préparé par l’une de nos mères. Le jour de l’oral, alors que les copains attendaient fébrilement l’affichage des
résultats, nous étions allés patienter au cinéma voir "la Guerre des
Mondes". Puis ce fut la prépa où Jean Louis, plus brillant que
moi, intégra Centrale. Steak
au poivre nappé de crème fraiche dans sa turne noyée de fumée ...
Il épousa une
cousine et choisit de faire carrière à la Banque où il resta jusqu’à l’arrivée
des temps difficiles. Il se fit évincer et ne retrouva plus de travail. Nous nous retrouvions trop rarement autour d’un aïoli mais
qui n’avait pas le goût de ceux de la jeunesse.
Et un jour il nous quitta. Ses
cendres furent éparpillées entre les iles, là où son père avait tant pêché.
Une
vie en 15 lignes mais je pense bien souvent à toi, Jean-Louis, Ugh, mon copain.


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