882.2026.Le banc

Le dimanche matin, c’était la course à pied.
Encore jeunes et sportifs, nous passions devant lui
Méprisant ce repos qu’il voulait nous offrir.
Nous n’avions pas le temps, l’apéro attendait
Et la faim nous poussait à rentrer se nourrir
Quelques années plus tard, la vie avait changé*
On venait le trouver avec notre famille
Des grands parents aimés et leurs petites filles.
On aimait tellement venir un peu s’asseoir
Les vélos appuyés contre ses accoudoirs.
Mais le temps a passé. Elles nous ont quittés
Cherchant bien loin, un mari, un métier.
Lui attendait toujours, au détour du sentier.
Alors nous revenions, contents de le revoir
Et, le souffle repris, on restait jusqu’au soir.
On parlait des enfants et de bien des sujets,
Du mystère du Ciel et celui des étoiles,
De Kant ou de Molière, de Bach ou de Chopin.
La vie après la Mort, les mythes et les contes.
L’après-midi passait et le temps s’écoulait.
Aujourd’hui il attend, tout seul sous les ormeaux,
Que passent des coureurs ou des vieux fatigués.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Commentaire