Michelin (prononcer Mikélin) était un jeune garçon.
Il
connaissait les champs et les bêtes mais peu de philosophie.
A l’époque, je
lisais énormément de livres de vulgarisation scientifique.
Je me régalais notamment
de ceux de Rousseau, oui, Pierre, celui qui me passionnait,
celui qui parlait des
étoiles. Pas l’autre. C’est toujours le cas.
Michelin se montra discrètement intéressé puis
amorça un dialogue.
Peu à peu, il finit par me poser les questions qu’il avait
sur le cœur.
Comment tu sais
ce que pèse la Lune ? Comment tu mesures sa distance ? Et la Terre, elle pèse combien ?
Et combien y-a-t-il d’étoiles dans le ciel ? Et est-ce qu’il y a des
hommes ailleurs ?
Il n’en
fallait pas plus pour me lancer.
Apportant quelques bribes de réponses, je lui
parlais d’Ératosthène et du prodigieux Aristarque,
de Newton et de la
Gravitation, celle qu’Einstein n’avait pas encore compliquée.
Nous parlions de
la création au Big Bang, des galaxies, de ces noirs espaces
que Pascal trouve
effrayants, de ce monde infini et qui ne l’est peut-être pas,
de ces soleils si
grands que le nôtre n’est qu’insignifiance,
de la fin dramatique des étoiles et
peut-être de celui de l’Univers.
Passant de
la Science au Rêve nous évoquions les hommes de la Préhistoire,
les Lilliputiens
de Gulliver ou les géants de planètes gazeuses, des céphalopodes de Wells,
des
androïdes de Vénus ou de l’astéroïde B612 du Petit Prince et des voyages
intergalactiques.
Je lui avais
entr’ouvert la porte sur le monde
luxuriant de l’Univers.
Michelin voulait tout savoir. Je croyais tout savoir, moi
qui ne savais pas encore que je ne savais rien.
Qui sait ce qu’il est devenu
Michelin ?
Je n’en sais rien mais peut-être a-t-il gardé un souvenir ébloui
par ce monde merveilleux, le nôtre.


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