Le hasard porte mon œil distrait sur une étagère.
Il est là,
bien rangé, timide, au deuxième rang, immobile depuis des années.
Je le sors,
le feuillette. La poussière s’en échappe.
Et les souvenirs affluent :
le lycée, la version hebdomadaire, la recherche fiévreuse d’une phrase toute
traduite de Cicéron ou de Tite-Live. Au fil des pages surgissent Salluste,
César, Sénèque, Plaute.
Un monde se réveille avec ses qualités et ses défauts. Les architectures de génie, le Colysée, le
Pont du Gard, les Arènes de Nîmes, le Panthéon.
Les savants Archimède,
Ptolémée, Pline et les ingénieurs dont les œuvres au musée de Naples ne cessent
de surprendre.
La société d’ordre, de discipline, de rigueur.
Le génial Code
Romain, l’émouvante Curie.
Les grandes constructions, comme notre via Aurelia ou
le mur d’Hadrien.
Les sculpteurs disciples de Phidias ou Praxitèle.
Les écrivains
inspirés d’Eschyle et Sophocle. Lucrèce,
Epicure et le merveilleux De Rerum Natura.
Et surtout, dans la rue, les
modestes, les besogneux, nos ancêtres de Rome, Pompéi ou Herculanum,
les taverniers,
boulangers, cordonniers, putains, politiciens, gladiateurs, commerçants,
soldats.
Ils sont si proches de nous.


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