Il
assurait alors la ligne Nice-Tende dite aujourd’hui Train des Merveilles.
Et me voilà ce jour-là dans la bulle du toit en compagnie du mécano de service.
« Tu veux conduire ? » « Volontiers » dis-je, avec mon assurance de futur ingénieur.
« Diable
me questionnais-je, mais y a pas de volant ! »
Inutile en effet, l’autorail n’a qu’à suivre la voie. « L’accélérateur ?
Au pied ? Non, la manette à gauche. Le débrayage ? Au pied, OK. Le changement de vitesses ? A droite ? Non, à gauche. Le frein ? La
pédale du milieu ? Non, un levier à droite ! Foutus
ingénieurs !
« C’est
simple, dit le mécano, mais n’oublies pas le double débrayage ».
« Tu
relâches l’accélérateur. Tu débrayes. Tu pousses le levier de vitesses en position médiane. Tu embrayes. Tu accélères et, quand la moteur sonne bien, tu
débrayes rapidement, pousses le levier de vitesse vers le bon rapport et tu
embrayes avant que le régime moteur se soit trop ralenti. T’as compris ?" Oui fis-je assuré mais ne l’étant plus du tout. Et le compère de me laisser
sa place.
Oh
cette damnée pédale de débrayage que je prenais pour l’accélérateur, oh ce grand
coup de frein au lieu du changement de rapport, oh ce sacré régime moteur qui
tombait si vite, oh ces pauvres passagers sortis groggy de l’autorail et recherchant
en zigzag la sortie de la gare. Merci le stagiaire !


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