801.2026.Les edelweiss

Ce jour-là, Don Camillo avait accompagné un groupe de paroissiennes pour une rapide excursion en Italie. Certaines s’étaient laissé tenter par quelques acquisitions, certes  modestes mais néanmoins illicites. Or les douaniers veillaient. Ils faisaient le tour du train entre Vintimille et Menton. Comment faire ? Don Camillo en avait dissimulé beaucoup dans les replis des jambes de son pantalon de golf. A la question traditionnelle des douaniers, Don Camillo répondit d’un ton ferme « En haut rien à déclarer. En bas c’est réservé aux dames ». Ce n’était même pas un mensonge et le Seigneur ne fit donc qu’en sourire.
Cet autre jour, nous avions décidé d’aller aux edelweiss. Départ très matinal car le site était lointain. Nous avions chacun notre sac à dos. J’étais chargé du saucisson, des sardines, du fromage et des biscuits. Jean Louis portait le pain, le litre de rouge (j’en rougis encore) et les couverts. Et nous voilà longeant l’un des multiples ruisseaux affluents de la Tinée. Mais le Diable, mécontent de voir ces gamins loger chez un curé décida de nous mettre à l’épreuve. Il fit en sorte qu’on se perde de vue. Ugh devait être devant, j’accélérais le pas. Il raisonnait de même et en faisait autant. Bref, on marchait tous les deux, vite, très vite. Lassé, je finis par stopper et m’asseoir fatigué sur un rocher de la rivière. Un peu plus loin, Jean-Louis en avait fait autant. C’est ainsi que je me nourris de saucisson et de sardines sans pain alors que lui mangeait son pain sec arrosé d’une gorgée de rouge. Satisfait Satan nous permit les retrouvailles. 
Escaladant les rochers nous fîmes notre plein d’édelweiss. Une bien belle journée, une bien grosse fatigue. De retour à la cure, Ugh battit de record de sommeil, catégorie ado, en n’ouvrant l’œil ni la nuit, ni le jour qui suivit.

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