Les vacances ont toujours une fin. Et nous voilà au lycée Masséna.
Le bonheur, le calvaire des classes prépa. Au programme, des maths, des maths, des
maths, beaucoup de physique et, exceptionnellement,
un peu de gym.
Nous étions devant la barre fixe. Je tentais une allemande. Non,
pas une Germaine qui m’aurait trouvé à son goût mais une figure de sport. Vous
connaissez ?
Suspension bras tendus, prise d’élan par projection des
jambes et du torse vers l’avant. A chaque oscillation, le corps prend plus de
hauteur, il bascule et se retrouve à l’horizontale vers l’arrière. A ce moment
précis, un coup sec sur les bras et on se retrouve en appui, le ventre contre
la barre. On ne dira jamais assez la beauté des mouvements à la barre fixe.
Enfin, en théorie ...
Pour ma part, victime d’un élan trop puissant, je ne
maitrise plus mes mains, elles glissent, lâchent la barre. Je suis propulsé en
arrière comme un boulet de canon, les jambes en avant.
Cette propulsion cesse quand
mes pieds rencontrent violemment le nez du prof qui tombe sur le cul. Simultanément,
je chute sur le nez. Plus décent mais bien douloureux. Je saigne à flot. Jean
Louis me conduit à l’infirmerie où l’infirmière, inquiète de le voir si blanc,
lui sert une boisson alcoolisée. Et moi alors ? Elle me fourre des tampons
dans le nez. Plus de peur que de mal. Tout
va s’arranger. Je n’avais rien perdu de mon charme naturel (ni le jardin de son
éclat).
Par contre, le prof, touché aux cervicales, restera absent quinze jours
et surveillera désormais les agrès de côté.
On ne connait pas tous les risques du métier de prof.


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