802.2026.Une boisson diabolique

En vacances chez Don Camillo, les jours se succédaient tranquillement. 
Ce soir-là, le vicaire de la paroisse, un très jeune italien, vint nous rejoindre alors que nous terminions le repas. 
Il venait discuter de l’organisation de la procession prévue le lendemain. 
Don Camillo, nous gratifiant d’un discret clin d’œil, lui proposa de goûter à sa « grappa ». 
Un doigt pour les enfants, un verre Duralex, modèle de cuisine, bien copieux pour le visiteur. 
A peine, mes lèvres approchèrent-elles de la diabolique boisson, qu’elles en sentirent la brûlure.
Mon ami Ugh en faisait de même et, 
profitant d’une pause dans l’attention des débatteurs,
versa son liquide dans le verre du bon curé. Je versai illico le mien dans celui de Jean-Louis. 
Le jeune vicaire avala une gorgée. « Forte » dit-il sans autre commentaire plus explicite. Il est pourtant vrai que ce breuvage ressemblait davantage à de l’acide chlorhydrique pur qu’à une boisson civilisée.
" Faut quand même admettre que c'est plutôt une boisson d'homme " aurait-dit Michel Audouard.
Le protocole de la procession réglé, la discussion prenait fin. Le jeune abbé, Dieu ait son âme, avala son Duralex de genépi, d’un coup, d’un seul, sans frémir, sans tousser et nous salua sans autre forme de procès.
Scié le Don Camillo. Admiratifs les jeunes vacanciers.
Tels furent pris ceux qui croyaient prendre.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Commentaire