Le sursis. Je suis retenu comme Scientifique du Contingent mais, au préalable, il me faudra faire
mes classes.
Une curieuse expérience. Les gamins qui m’accompagnent ont 5 ans
de moins que moi, la plupart sans aucun diplôme. Mon cursus scolaire, ma
fonction au CNRS et mon âge les questionnent.
Peu à peu, ils apprennent à
solliciter mon avis sur des sujets techniques divers. J’essaye de faire bonne
figure.
Mais quand il me faut conseiller celui qui, en pleurs, vient de se
faire virer par sa fiancée, c’est plus délicat.
Pas question de quitter la caserne pendant les deux mois de
classe sans motif particulier : se marier - c’est fait, avoir un enfant –
c’est fait, être témoin d’un mariage - Ah ?
Jean Claude va se marier. Je
l’appelle. Pas de problème, je serai son témoin de mariage à Esparron. Faux
témoin.
Merci à toi Jean Claude, merci aussi à M. le Maire.
Une permission m’est donc accordée. Je me rends à la gare. Le train pour Cannes ne prend pas de
militaire sauf motif particulier.
« Vous voyez, me dit le chef de gare,
faut qu’il soit écrit ici en rouge « Autorisé à voyager dans tous les
trains ».
« Ah, bon, avez-vous un stylo rouge ? » Discret,
il se retourne. Le papier dûment rempli, je pars, salue mon marié au téléphone
et me rends à Cannes.
Au retour, j’aurai droit à un savon et une punition. Mais le
Colonel est bienveillant, je serai condamné à peindre sur le mur du mess un
grand portrait de Gallieni. Quid feci.


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