Tu vois, me dit François, c’est mon coin de ma jeunesse.
On y venait avec les copains. Y avait les cowboys assis sur
la barrière, domptant leurs fiers mustangs. Et les tribus indiennes, Sioux,
Cheyennes, Apaches surgissant du fond de
la clairière. Combien en ai-je tués ! Combien de fois ai-je été blessé par
leurs flèches sauvages !
Et le temps a passé.
Plus tard, j’y conduisais Nicole. Les bicyclettes rangées à
l’abri des regards nous refaisions le monde assis dans l’herbe haute. Des
heures à bavarder, à parler de nous, de demain. Les premiers baisers, les
premières caresses.
Et le temps a passé.
Plus tard, nous y promenions Pierrot dans son baby relax. Son
quatre-heures, un petit pot d’épinard qui laissait tant de traces. Puis venait
la récompense, le rot libérateur.
Et le temps a passé.
Aujourd’hui, c’est l’heure des souvenirs, de la nostalgie. Je
viens encore y réchauffer ma vieille carcasse.
François se tait un instant. Il est temps de rentrer.
Au loin un scraper s’approche.
Demain les Sioux laisseront place aux caddies.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Commentaire