2026.Ainsi passe le temps

 
Il faut les voir l’hiver dresser leurs troncs tout droits,
Ils sont au paysage autant de hauts beffrois
Décharnés, dépouillés, ils affrontent le froid
Et présentent un monde au dessin maladroit.

Puis renaît le printemps, l’éveil de la nature.
Leurs têtes couronnées d’une tendre verdure
Invitant le passant à tenter leur peinture
Pour immortaliser leurs immenses statures.

Voici venir l’été, les journées de chaleur,
La saison des marcheurs, des joyeux moissonneurs.
Le peintre, souvent grognon, soupire avec humeur :
« Il y a bien trop de verts ! » dit-il avec humeur.

En automne, il est temps de changer de costume
Un moment de regret et d’un peu d’amertume.
Le peintre et son pinceau, le poète et sa plume
Vont alors célébrer l’arrivée de la brume.

Ainsi passe le temps au sein de la forêt.

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