Mes parents avaient pris la judicieuse décision de
m’envoyer chez des amis, les Juillet,
en Savoie, pays béni où beurre et fromages
ne manquaient pas.
A sept ans, j’y découvrais
la vie campagnarde,
les travaux des
champs, la chasse, les animaux.
Avec Roland, le fils de famille, nous gardions les vaches au
pré.
Ce jour-là, Diamant s’était écartée
à la recherche des pommes vertes qui
faisaient son régal.
Il fallait la faire revenir. Roland me proposa de le faire.
Je n’étais guère rassuré : c’est grand une vache !
« Tu
sais, me dit-il, la vache te voit trois fois plus grand que ce que tu es. Pour
elle, tu es immense ».
Ah, bon, tu crois ... J’y vais... Que voulez-vous,
on a sa fierté !
Et me voilà devant Diamant. Mes ordres la laissent de marbre.
Je crois même qu’elle se fout de moi en croquant ses pommes.
Je hausse le ton. Regard
atone.
Je brandis mon bâton. Une lueur d’agacement dans son regard vachard ?
Cette vache est une vraie tête de mule !
En criant très fort, je lui
assène un grand coup sur la tête, entre les cornes.
Le bâton casse.
Panique !
Diamant baisse la tête, elle me fonce dessus.
Ce jour-là, j’ai fait mon meilleur chrono aux cent mètres
haies.


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