693.2025.Les chercheurs d'or

 
Promenade le long de la Brague. 
C’est l’été. 
La rivière est réduite à un filet d’eau. 
Sur un fond foisonnant d’une multitude de verts, 
les roches noyées rutilent de bruns dorés 
qui rivalisent avec les bleus du ciel 
et les ombres des feuillages. 
Laurent a entrainé Emile et Lucie. 
J’ai plaisir à imaginer qu’ils cherchent un trésor. 
Orpailleurs, quel joli nom ! 
Baroudeurs à la recherche d’un gisement aurifère 
mais surtout de grandes aventures. 
Celles qu’on racontera aux enfants 
quand la civilisation aura définitivement gommé 
tous les coins de nature qui restent encore.
 
L'aquarelle n'est pas une réussite.
Je n'ai pas su maîtriser le fouillis du sujet.
Les personnages ne sont pas assez apparents
et les feuillages manquent de style. 
Faudra faire mieux la prochaine fois.

692.2025.A la télé ce soir

Le soir tombe sur la ville.
Depuis le Cannet, un magnifique ciel tourmenté
Recouvre la baie de Cannes.
Une aquarelle pas trop figurative.
Le paysage est un peu schématisé.
Les couleurs choisies forment 
un camaïeu de teintes chaudes.
On joue sur les tonalités plutôt que sur les teintes.
C’est à peine, si on distingue le vert de la végétation.
Seules les antennes indiquent la présence des humains.
Avec le temps qu’il fait on est bien devant la télé.
On va passer un moment 
avec Colombo ou Joséphine ange gardien.
Dommage, spectateur,
Le spectacle est aujourd’hui dans le ciel.

 

691.Flore des îles

Les savants herboristes ne manqueraient pas 
de nommer ces plantes qui fleurissent sur les 
roches des îles. 
Et d'en citer le nom latin ainsi que le vulgaire.
 
Je n'en ai pas la moindre idée.
Je vais, en effet, partie de ces gros fainéants 
qui ne vont aux îles 
que pour profiter du soleil, de la mer 
et de l'ombre des arbres.
 
Sans même savoir s'il s'agit de chênes
verts ou pubescents, d'oliviers ou de pins d'Alep.
Je me promène ignorant les Euphorbes, les Stacchys,
le Séneçon cinéraire, l'Arroche halime,
la Bonjanie hérissée et même
le Cytise épineux ou la Salsepareille.
Après le bain, pan bagna et rosé digérés,
les pieds dans les herbiers de posidonies séchées ....
 
Je dors.

690.2025.Un beau quai garni

Avec les copains du lycée et nos profs de gym, nous allions
de temps en temps apprendre les rudiments de la natation 
à une piscine d’eau de mer en ruines pointe de la Croisette.
On parlait d’un ancien grand projet 
avec salle de spectacle, palais des sports, piscines ... 
entrepris dans les années 1920.
Et abandonné en l’état.
Il était question de  l’Affaire Stavisky 
au nauséeux parfum de scandale.
Je dois dire que je n’attachais pas grand intérêt à ces rumeurs.
Les années ont passé. 
Le Port Canto a su heureusement rénover ce secteur.
Le fils du promoteur était l’un de mes camarades de classe.
Aujourd’hui, la curiosité revient avec le grand âge.
Bizarrement,les documents consultés préfèrent 
s’étendre sur la réussite du port actuel.
Quoiqu’il en soit, la création de ce deuxième port cannois 
s’avère une réussite et contribue à l’image de Cannes.
Il est vrai que trouver une place pour loger un bateau 
est devenu un vrai problème.
Pierre Canto avait vu juste.

689.2025.Le Rayon Vert

Tu rayonnes Soleil, des UV aux infrarouges,
En passant par les bleus, les verts, les rouges.
Les bleus surtout. 
Tu es une étoile bleue dans un ciel tout noir.
Sous l’atmosphère protectrice, on t’apprécie.
On bronze, on voit et on se chauffe..
L’air a mangé tes bleus. Il en a fait la couleur du ciel.
Verts et rouges subsistent. Leur mélange parait jaune.
Les hommes te vénèrent de Cro Magnon, à Akhénaton 
ou encore à Rostand « Ô Soleil ! toi sans qui les choses ... » 
Le soir, ton rayonnement traverse l’atmosphère en biais. 
Il y a perdu le bleu et l’essentiel du vert. Le voilà devenu rouge.
Au coucher, ce coquin disparait sous l’horizon 
mais ses rayons contournent un peu la Terre. 
Ils s’écartent comme par un prisme : le rouge en bas, le vert en haut.
Et quand le rouge part, le reste de verts surgit. Magique Rayon Vert.

688.2025.Le pépin vert

Il pleuvait fort sur la grand-route,
Elle cheminait sans parapluie,
J'en avais un, volé, sans doute,
Le matin même à un ami.
Courant alors à sa rescousse,
Je lui propose un peu d'abri.
En séchant l'eau de sa frimousse,
D'un air très doux elle m'a dit « oui ».

Un p’tit coin d’ parapluie,
Contre un coin d’ paradis.
Elle avait quelque chose d'un ange,
Un p’tit coin d’ paradis,
Contre un coin d’ parapluie.
Je n’ perdais pas au change pardi !

Un pépin vert en guise de complémentaire. Classique.